mardi 21 mai 2013

Rouge de honte


Dans mes cauchemars, j'imagine la scène : moi, au milieu de parents assis en rond,  la tête basse. Au mur, un écriteau « Les mauvais parents anonymes ». Je me lève et je murmure : « Bonjour, je m’appelle Alice et ma fille a eu un rouge. » 

Un frisson d’horreur parcourt l’assistance, qui me répond solennellement en chœur : « Bonjour, Alice ! »

Voilà, c’est dit c’est craché c’est sorti c’est avoué. Ma fille a eu un rouge. Même deux.

Ami lecteur, toi qui n’as pas l’immense bonheur de posséder un enfant scolarisé en école primaire, je te vois un peu perdu. Apprends donc que certaines instituteurstrices/professeur des écoles (que le tout puissant répande sur vos pas des milliers de pétales de roses, ô fées et elfes bienfaisants qui supportez chaque jour 25 fois ce que je ne supporte pas 1 fois et demi) utilisent un système de couleur afin de noter le comportement des élèves.

À la base, c’est pas trop difficile à comprendre : vert, c’est bien, orange, c’est bof, rouge, c’est super méga pas bien. Rouge, c’est la dernière limite avant la garde à vue, quoi.

Je SAIS que vous avez tiré la langue à la maîtresse, mademoiselle, inutile de nier!

Dans la classe de Princesse Première, si tu as un vert par jour, (car un vert, ça va… pardon, je digresse), si tu as un vert par jour, donc, tu as une étoile à la fin de la semaine, et quand tu as cinq étoiles de suite, tu gagnes un livre. Autant vous dire que Nabilla aura son doctorat de physique quantique avant que Princesse Première gagne un livre. Ou que je pourrai aller pisser toute seule. Bref, que des trucs qui n’arriveront jamais.

Car elle a beau être ma Princesse adorée chérie d’amour, force est de constater que la chair de ma chair a une légère tendance à régler ses conflits sociaux à coups de pièces de puzzle en bois dans la tronche.

Quand tu es, comme moi, parent d’un enfant qui conçoit parfois l’autorité comme « c’est le plus tête de cochon qui gagne », chaque retour d’école est chargé d’un suspense insoutenable. Pas de « tu t’es bien amusée ? » « qu’est-ce que tu as appris aujourd’hui ? »…  Juste « qu’est-ce que tu as eu ? ».

Si c’est un orange… Me voilà qui psychote. Je croyais pourtant avoir tout bien coché sur le bon de commande de l’enfant parfaite ; j’avais pas envisagé aller voir la maîtresse en baissant la tête… Je m’imagine déjà au tribunal pour ados délinquants, avec un juge emperruqué qui m’invective : « Dès la moyenne section, votre fille avait des orange ! Et vous n’avez rien fait ! Vous êtes responsable, madame ! »

J’aime que ma fille me rapporte des roses, ou des violettes. Pourquoi pas un p’tit jaune, des marrons grillés, un p’tit noir bien serré, un blanc aligoté, ou même un blanc de poireau. Pas de bleu à l’âme ou de marron dans la tronche, non. Je veux bien des oranges à jus. Mais plus d’orange ou de rouge de l’école, siouplaît…

Puisque c’est comme ça, à mon tour de me prendre un rouge.

Allez, mets-m'en deux.
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