jeudi 11 septembre 2014

Bienvenue

Ma toute minuscule,
Je ne sais pas trop si tu nous as choisis, si tu nous as trouvés en faisant "pouf pouf ce sera toi qui sera ma famille", si tu as perdu à la courte paille céleste ou si d'arriver chez nous était la récompense logique de ta vie précédente sous forme d'otarie de Patagonie, mais le fait est là : c'est chez nous que tu as débarqué. Je me dis que ce serait pas mal de te prévenir un peu, histoire que tu aies une idée du bordel bazar où tu as mis les pieds. (Premier indice : parfois, on dit des gros mots. On essaiera de faire en sorte que ton premier mot ne soit pas "tutain", mais je ne te garantis rien.)

Je t'entends déjà me dire "areuha", ce qui signifie : "Tu sais, j'ai déjà 3 mois, je me suis bien fait un peu mon opinion." Ne t'emballe pas, frimeuse, t'as pas tout vu.

Bon, je suppose que tu auras déjà compris que niveau ponctualité, ordre et organisation, c'est pas tout à fait tout à fait ça. Tu t'exposes à des années de cahiers non signés, de "photo de quand j'étais petite pour l'arbre généalogique" jamais apportée (ta grande soeur m'en veut encore), de carottes cramées, de "bon on va aller boire un coup au bar d'à côté en attendant que papa rentre, j'ai oublié ma clé", de "euh, on reviendra à l'accrobranches demain, j'ai oublié ma carte bleue"... (et encore, là, c'est juste la semaine dernière.) Je reconnais, c'est souvent un joyeux bordel (oups, encore un gros mot). Mais vois les choses du bon côté, quand à 15 ans tu perdras l'IPhone 28 qui nous aura coûté une fesse, je ne t'engueulerai que modérément, vu que j'ai déjà forcément fait pire.

Tu auras peut-être aussi remarqué (je commence par le mauvais, hein, on a des bons côtés aussi) que tu n'es pas exactement la fille du Dalaï Lama et de Soeur Emmanuelle. Ici, ça gueule, ça crie, ça s'énerve, ça s'apostrophe, ça se houspille, ça s'agace, ça se chamaille, ça s'enguirlande... L'éducation zen, c'est comme le sport, je suis croyante mais pas vraiment pratiquante. J'ai essayé une fois, mais c'était un vendredi soir, tes soeurs avaient mis mes culottes sur la tête et refusaient de mettre la table, j'ai pas tenu. Mais ne t'affole pas trop, on se calme vite, et puis on se pardonne, on se bisouille, on se câline, on se chuchote, on se chatouille, on se blague, on se fait des déclarations, et finalement, on rigole quand même beaucoup plus qu'on se pouille.

Que te dire d'autre... Que tu as des grandes soeurs, deux (mais si, les deux grands machins qui gagatent au-dessus de ton transat, celles qui n'ont ni seins ni barbe), ce qui garantit que tu mangeras des bonbons beaucoup plus tôt que les médecins ne le recommandent, que tu ne pourras pas en placer une à table, que tu n'auras jamais une fringue neuve, que tu devras toujours jouer le méchant dans l'histoire du héros et de la princesse, et que tu seras amoureuse de leurs copains qui te prendront pour une morveuse.

Je peux tout de même te promettre que je te regarderai encore très longtemps avec les mêmes yeux de truite perdue d'amour, qu'on te racontera des histoires presque tous les soirs (sauf quand on sera trop crevés et qu'on mettra un dessin animé à la place, on est humains, hein), et qu'on essaiera de t'emmener visiter plein de beaux endroits dans le monde.

J'espère que tu ne regrettes pas trop d'être tombée dans notre cheminée à nous, fais comme chez toi, tu verras, on y est plutôt bien. 

Et on te tiendra la main aussi longtemps que nécessaire. (mode gnan-gnan off. Enfin non, en fait)

P.S : Ah, j'ai oublié de te dire un truc, le plus important : la règle absolue de la maison, c'est la grasse mat'. Je te laisse encore 3 mois, mais après, c'est comme tout le monde, le week-end, on se réveille pas avant 10 heures, compris?


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