jeudi 11 avril 2013

Compte à rebours


C’est ma deuxième fille. Elle a 19 mois.

C’est un ange blond de douceur et de câlins (et de morve parfois, mais on ne lui en veut pas).

Elle se marre tout le temps, surtout quand sa sœur la chatouille.

Elle découvre avec enthousiasme le chat une dizaine de fois par jour (du genre « maman maman maman regarde ! un chat » « Oui ma chérie, c’est le même qu’il y a 10 minutes. »).

Elle adore mettre la table, débarrasser la table, étendre le linge, nettoyer la table, et ranger ses jouets, quitte à tout foutre par terre pour le seul plaisir de les ranger.

Elle fait des câlins et des bisous tout le temps.

Elle tente d’escalader sa chaise haute elle-même, et dévore tout ce qui passe à sa portée, même des courgettes au poisson maison. C’est dire, parce que même moi, parfois, j’ai du mal.

Le soir, elle montre son lit du doigt quand elle est fatiguée, fait au revoir de la main et s’endort immédiatement.

Avec elle, être parent, c’est un monde de fleurs, de papillons et de nuages roses qui sentent la fraise tagada.

Pourtant, je sens bien que nos jours au paradis de la guimauve sont comptés. Que son petit côté « regarde comme je suis mignonne, j’aime te faire plaisir, même mes bêtises sont adorables », ça ne va pas durer. Je suis déjà passée par là. Je me souviens, il y a 3 ans, quand je me disais « mais ils racontent n’importe quoi, ces gens, ou alors ils ne savent pas élever leurs enfants… C’est quoi cette histoire de terribeul two ? La mienne, elle est pas du tout comme ça ! ». J’étais naïve, à cette époque. Maintenant, je sais.

Moi aussi je suis mignon! Parfois...

Parfois, j’entrevois, comme des éclairs, ce qui nous attend. Quand sa sœur ose prendre une douche sans elle, qu’elle devient toute rouge et profère des « badibadaba ! » indignés. Quand elle balance sa cuillère par terre parce que j’ai eu l’audace de lui suggérer que c’était plus efficace pour manger du yaourt. Quand je lui demande de me rendre mon téléphone – qui certes, fait des bruits rigolos, mais n’en fera plus si il tombe dans son bol de chocolat – et qu’elle répond doucement « non » avec un petit sourire.

Je sais que ça va venir. Bientôt. Et que, quand je serais debout, au milieu de la rue, avec une petite fille hurlante parce que sa vilaine maman a voulu partir du parc après seulement trois heures, je repenserai avec nostalgie à ces moments où elle était presque toujours d’accord avec moi. Parce que ça, je crains que, même une fois la crise des deux ans passée, ça ne se produise plus jamais…



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1 commentaire:

  1. tu manges ton pain blanc alice, attends un peu la crise des 13 ans... Nous on est en plein dedans. Prrrrrofiiiite !

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