dimanche 15 janvier 2012

Lettre aux futures et jeunes mamans sur l'inégalité entre les sexes

Chères compatriotes

Mes amies, mes soeurs,

C’est un cri d’alarme que je veux pousser aujourd’hui. A vous qui découvrez avec joie le +++ de votre test, qui vous repassez avec émotion le film de l’échographie, qui vous penchez tendrement sur le berceau de votre tout-petit, j’ai le devoir de lancer ce message : Prenez garde! Votre couple est en danger!

Je ne vous parle pas de répartition des tâches, de chromosomes XY qui portent génétiquement l'impossibilité de changer une couche, non. Je garde ça pour une prochaine fois.

Je parle d'inégalité physique : non, la parentalité n'atteint pas de la même façon le physique des hommes et des femmes.

Logique, me direz-vous.

Devinette : lequel de ces deux individus va passer 
les 12 prochains mois à s'enduire de crème anti-vergetures?

Je sais que vous êtes déjà prévenue ; vous savez bien qu’après une grossesse, 3 mois de nuits blanches, des enfants plein les pattes, on ne sera plus exactement la fraîche sylphide qui avait hypnotisé notre Prince Charmant il y a… un certain temps.



Je suis une princesse


Vous avez pris des bonnes résolutions.

Ce n’est pas parce qu’on a des enfants qu’on doit se laisser aller, voyons! Mais oui, même quand je reste à la maison je me maquille et me parfume, c’est quand même un minimum si on ne veut pas que le Prince aille visiter d’autres châteaux… Les kilos de grossesse? Allons, quelques semaines de WW et il n’y paraîtra plus…
C’est pas compliqué quand même!

Oui, je fais des efforts. Pour moi, pour le boulot, pour mon homme, pour que mes filles aient une jolie image de la féminité. Mais ce n’est pas tous les jours facile.

(Un petit jeu pour vous : demandez aux mamans autour de vous qui ont fait les soldes combien de vêtements elles ont acheté pour elles, et combien pour leurs enfants. Ouaip. Je sais, je fais pareil. Alors que moi, je ne vomis même pas de chocolat sur mes robes neuves. N’importe quoi j’vous dis)

Et en plus la vie est même pas juste.

Mais puisque je te dis qu'il est trop lourd ce sac à langer! 
Fallait vraiment emporter le lit à barreaux?


Pour que vous compreniez l’urgence et l’importance du problème, prenons un exemple. Observons dans le miroir un couple lambda (le Prince et moi, au hasard).


I : Je chope des vergetures, il prend des biceps

Je ne m’étendrai pas sur les joies de la grossesse (prendre 16 kilos alors qu’on en avait déjà bien 15 en surplus, y en a un peu plus j’vous l’laisse ?), de la césarienne (ventre balafré), de l’allaitement (je fais du 120G, j’ai peur d’éborgner les gens dans la rue), du sevrage (j’ai failli utiliser mon sein pour me nettoyer le visage, je l’avais confondu avec le gant de toilette), des vergetures (Oh maman, c’est rigolo, t’as des dessins sur ton ventre ! Trop fun)…

J’essaie bien de me mettre au régime, mais Dukan est devenu persona non grata, à part lui j’ai pas d’idée, et mon placard est rempli de petits Pimousse (pour Princesse Première, évidemment… mais c’est pas ma faute, ils me font de l’œil.)

Pendant ce temps, que fait Monsieur Prince ?

(Si le vôtre a fait une couvade, profitez de la chance, il pourra partager vos carottes vapeur )

Le mien, pendant ce temps, il s’est mis à porter. Des bébés dans l’écharpe, des petites filles de 15 kilos sur 4 étages 4 fois par jour, sur les épaules pour des 2 heures de promenade, des packs d’eau, des packs de lait, des meubles en kit. Sur les derniers jours de la deuxième grossesse, il était pas loin de me porter moi.

Résultat : il a perdu 5 kilos et une taille de pantalon, mais pris 2 tailles aux épaules et pété les coutures de sa chemise la semaine dernière.


II :  On se laisse pousser les poils 

Déjà, un rasoir sur l’étagère de la salle de bain, c’est dangereux pour les petites filles. Du coup on ne sait plus où il est rangé. Pas le temps pour le coiffeur, pas les sous non plus. Puis c’est l’hiver, les poils ça réchauffe.

Version femme : Après la grossesse, on perd ses cheveux par poignées ; à regarder la bonde, on croirait que Alf est venu prendre une douche chez nous. Ils mériteraient une bonne coupe, mais c’est trop déprimant de se regarder pendant une heure dans ce satané miroir alors qu’on voit notre crâne en transparence. Si on les snobe, peut-être que nos cheveux finiront par revenir…

Côté jambes et le reste, c’est le retour du yéti, mais depuis le temps qu’il nous aime, Charles Ingalls, il va pas s’arrêter à si peu, non ? De toute façon pour m’épiler, il me faudrait ½ heure tranquille dans la salle de bains, et parti comme c’est, le jour où ce sera possible, Princesse Première sera assez grande pour s’épiler avec moi. Déjà que la dernière fois elle a essayé de manger la cire.

Version homme : Entre les rendez-vous échographie, les cours de musique après l’école et les courses, Namour a un peu laissé passer le temps de son rendez-vous mensuel chez le coiffeur. Sans compter que comme on a failli prendre un crédit juste pour acheter un lit bébé et une poussette, on a rogné sur toutes les dépenses superflues. Du coup, il a trouvé ça pas si mal, les bouclettes. Encore quelques centimètres et il ressemblera pour de vrai à Charles Ingalls. (Si le vôtre est chauve, ou a les cheveux gris, ça marche quand même : vous avez remarqué que tout ce qui est galère capillaire pour une femme est atout de séduction pour un homme ?)

Quant au rasoir, depuis que j’ai utilisé sa dernière lame pour me raser les jambes, dans un ultime sursaut de coquetterie , bizarrement il ne veut plus trop s’en servir, et il oublie toujours d’en racheter des neuves. Du coup, il a une barbe de 3 jours à vie.

Résultat : si je me néglige, je ressemble à un lamantin. Si Namour se néglige, il ressemble à un surfeur.


III : Bobonne VS Superman

Pour toi, mon amie jeune/future maman, un petit exercice d’imagination. Ferme les yeux.

Maintenant, imagine une maman (genre moi, par exemple).

Elle est dans la rue, avec ses deux enfants. Elle tient d’une main la poussette dans laquelle ronfle mini-Princesse, traînant de l’autre une Princesse Première qui hurle qu’elle veut pas. (Elle ne veut pas quoi ? Ah mais rien, juste elle ne veut pas.) Le portable coincé entre l’épaule et l’oreille, elle appelle à la maison pour savoir s’il faut acheter du pain, et parle super fort parce qu’elle entend rien (rapport aux hurlements de Princesse Première. Qui veut toujours pas.) Les poignées de la poussette sont encombrées de sacs de courses remplis à craquer… et d’ailleurs ils craquent, au milieu du passage piéton.

Maman est pas loin de faire de même.

A ton avis, quelle est la réaction des charmants jeunes hommes qui croisent dans la rue ce ravissant tableau ? Tu crois qu’ils se retournent sur son passage en se disant « Wow, trop canon, je veux la même ? »

I think not.

Maintenant, une nouvelle image.

Le Prince marche dans la rue, cheveux au vent (ben oui, ils sont longs maintenant). Bien serrée contre lui dans l’écharpe, mini-Princesse dort sereinement en suçant son poing. Princesse Première marche fièrement près de lui, sans râler, parce que Papa c’est Dieu. Comme son seul caprice, ce sont les gadgets technologiques, il utilise son kit mains libres pour appeler la maison « J’ai acheté du pain, ma chérie. »

Sur son passage, les jeunes filles poussent de grands soupirs « Oh le papa qui s’occupe de ses petites c’est tellement mignooooooon. » Ben oui, quand nous on s’en occupe, c’est normal, quand c’est lui, c’est mignon. (oooooon)


De mon côté, je ne m'affole pas, hein, j'attends mon heure, il paraît que les mères d'âge mûr ça fait fantasmer les p'tits jeunes. C'était juste pour vous prévenir.

En attendant, personnellement, je ne le laisse pas trop sortir tout seul, quand même. On n’est jamais trop prudente.



Des bises

2 commentaires:

  1. Tellement vrai. Tellement injuste. Mais tellement drôle raconté par tes soins...

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