samedi 10 décembre 2011

Lettre ouverte et de mauvaise foi aux Pères Noëls foireux

Préambule

Lorsque j’étais enfant, Noël était beau et incroyablement simple : je demandais des cadeaux, je mangeais un bon repas posé comme par magie devant moi par de tendres mains, j’allais dormir d’un sommeil pur et profond, et je me réveillais entourée de ce dont j’avais rêvé… C’était beau, c’était simple, c’était bien…

Ado, je n’avais jamais ce que je voulais parce que c’était trop cher et de mauvais goût, mais je m’amusais à acheter des cadeaux à toute la famille dans une boutique « tout à 10 francs ».

Etudiante, c’était encore plus simple, puisque mon cadeau tenait dans une petite enveloppe : un chèque, généralement pour payer mon loyer.

Noël, c’était chouette, c’était famille, c’était bien.

Puis j’ai eu des enfants. Et je suis consciente que les plaintes que je formule aujourd’hui sont encore bien légères, et que je m’en souviendrai quand Princesse Première commandera au Père Noël la Barbie Salope et me jettera à la tronche mes poupées équitables tricotées à la main en Amazonie. N’empêche que les Noëls de maman, franchement, si j’avais su, j’aurais peut-être gardé ce stérilet 2 ou 3 ans de plus, histoire de ménager mes nerfs…

Avant de déverser ma bile, cependant…

Je tiens à rappeler que oui, Noël c’est beau, c’est un moment d’amour, d’échange, de joie et de repas non-stop pendant 72 heures (en tout cas, chez moi, c’est comme ça). Et je suis heureuse que les gens qui m’entourent offrent des cadeaux à mes enfants, je suis reconnaissante qu’ils prennent de leur temps et de leur argent pour leur faire plaisir, et qu’ils choisissent des choses qui leur correspondent et transmettent ainsi un petit peu de leur monde à mes enfants, qui apprendront qu’ils font partie d’un chouette monde avec plein de personnes différentes et enrichissantes.

Et de toute façon, Mini-Princesse sera ravie de n’importe quel cadeau tant qu’elle peut en manger l’emballage, et Princesse Première sera hystérique quoi qu’il en soit parce que bon, c’est Noël, quoi, c’est des cadeaux. Elle est encore à l’âge où ça lui suffit largement, bienheureuse enfant…

Oh, des journaux roulés en boule! Youpi!


Ceci étant établi, ce message de mauvaise foi s’adresse à tous les Pères Noëls foireux en général et en particulier


  • à la cousine qui veut absolument offrir un livre qu’elle adorait enfant mais oublie qu’elle avait alors 8 ans, pas 18 mois
  • à la copine en Erasmus qui trouve amusant d’offrir un livre en bulgare
  • au frère qui offre un chariot de cubes en bois la veille d’un déménagement
  • à la tante qui ne sait pas calculer que 18 mois après août, c’est février. Et qu’on ne met pas de robes d’été en février
  • à la belle-sœur qui refuse absolument de demander quoi que ce soit ou de se référer à la lettre au Père Noël parce que « je préfère quand c’est spontané »… et qui achète à la marque près les mêmes choses que nous
  • à l’oncle qui offre à une petite fille de 3 ans des pistolets en plastique pour « lutter contre les stéréotypes de genre »
  • et à celui qui lui offre une robes rose à froufrous « parce que les filles ça adore ça »
  • à la grand-mère qui achète bien un objet de la lettre, mais ne prévient pas, si bien qu’on finit par l’acheter nous-mêmes
  • au grand-père qui offre des tee-shirts tête de mort en taille 6 mois et le body « Papa voulait juste une pipe »
  • et exige que l’enfant le porte le lendemain pour les courses en ville
  • à la voisine qui offre un cartable Hello Kitty (et se poste tous les matins sur le palier pour la voir partir à l’école avec)


à tous ceux-là, et à tous vos propres Pères Noëls foireux (allons, vous savez bien de qui je parle…), je vous propose de dire tous ensemble un grand


ZUT

Aaah… ça fait du bien.

C’est bon là, je suis prête à sourire à tout. Raboulez les bûches, déballez les guirlandes, chuis chaude.

Vivement Noël

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