dimanche 24 février 2013

Message de santé publique : la chanson con

Je sais. Je sais que vous n’osez pas en parler. Que vous croyez que ça n’arrive qu’à vous, que vous avez honte. Je sais que vous vous dites que ce n’est pas si grave, que ça va passer, que vous allez vous y habituer. 

Mais moi qui n’ai peur de rien, je vais oser vous en parler, aujourd’hui. Parler de cette maladie chronique qui touche tous les jeunes parents sans exception, et qui, bien qu’elle semble bénigne, est un handicap au quotidien, qui peut nous conduire à nous isoler socialement et à ne plus être efficace au travail…

Je veux bien entendu parler du SCCQR (Syndrome de la Chanson Con Qui Reste). Ne niez pas, je sais que vous savez de quoi je veux parler.

Oh oui, ça arrivait déjà, avant. Que celui qui n’a jamais passé un examen important avec « Oups I did it again » en boucle dans la tête me jette la première cassette audio.

Mais ça c’était avant. Quand 90% de notre environnement musical était chanté par des êtres humains et non des taupes, quand les chansons de notre autoradio ne donnaient pas l’impression d’être chantées par des poules surexcitées à la voix suraigüe, quand on pouvait écouter des disques entiers sans avoir à faire des gestes pour accompagner les chansons (sauf pour YMCA). 

Ça a commencé doucement, quand on s’est surpris à fredonner « Dans sa maison un grand cerf » à la photocopieuse. On a trouvé ça mignon. Et avant de pouvoir s’en rendre compte, on a passé la journée à chantonner que le petit lapin s’est caché dans le jardin. Tous les gens qu’on croise nous regardent comme si on avait une araignée Gipsy au plafond. Au boulot, en réunion, en cours, dans le bus, sous la douche, aux toilettes, et on n’arrive pas à se débarrasser de ce foutu lapin. Si j’étais le fermier, ça finirait en civet vite fait, cette histoire.

On se reconnaît vite, entre personnes atteintes. Quelques mots, quelques notes fredonnées, un regard, un sourire désolé… on sait qu’on est dans la même galère… Faites le test : chantonnez « Tchoupi, et Doudou, ils sont… », et regardez autour de vous : au premier qui chuchotera en douce les mots qui suivent, vous saurez que vous n’êtes pas seul(e). Non, je ne les écrirai pas, ces mots. Si vous êtes ici, c’est que vous les connaissez déjà.

Depuis que je suis mère d’une enfant scolarisée, une petite nouveauté est venue agrémenter mon calvaire chansonnier quotidien. On le sait, il n’y a plus de saisons, il neige au printemps, il fait 25 au mois de février (bon d’accord, pas celui-ci), on peut manger des fraises à Noël, mais une chose marque à coup sûr l’écoulement du temps : les chansons de l’école.

Alors, en septembre, tous les petits déj sont rythmés par « Je vais à l’école en fusée ». En octobre-novembre, les courses au supermarché se font au son de « L’automne, la pomme ». En décembre, « le petit bonhomme au chapeau pointu » me suit jusque sous la douche. En janvier, Princesse Première passe toutes ses promenades à demander à tous les passants s’ils savent comment elle aime la galette. Et en février, donc, c’est carnaval, samba, exotisme et masque en plumes.

Alors, je sais que ce n’est pas fait pour être de la grande littérature. Mais quitte à entendre une chanson en boucle non stop deux fois par jour, (Pour aller à l’école.  Puis pour rentrer de l’école. C’est long) j’aimerais bien au moins qu’elle ait du sens. Sinon, je passe mes journées à essayer de comprendre, et je perds une précieuse énergie cérébrale que j’aurais pu autrement dépenser à, euh… enfin, je sais pas à quoi, mais sûrement à faire des trucs vachement intelligents.


"Trempez-la dans l'huile, trempez-la dans l'eau... hmm... ça doit etre une métaphore sur la lutte des classes..."



Penchons-nous ensemble sur ce texte :

Désolée pour le manque de couleur, Princesse Première est hostile à toute forme de coloriage

Bon, alors d’abord, je sais que je chipote, mais je ne suis pas tout à fait sûre que les tambours sonnent. Je sais que le livreur de pizzas sonne, que sonnez hautbois résonnez trompettes, que vienne la nuit sonne l’heure. Je sais que Michael ouvre la porte parce que Jack sonne, et que Jack ouvre la porte parce que Nicole sonne. Je sais qu’une cloche sonne sonne, et que moi aussi je sonne régulièrement les cloches à mes enfants, mon mec, mes élèves et les autres. Mais les tambours, je ne suis pas sûre. Menfin admettons.

Une autre chose me chiffonne : Rio serait-il maintenant en Islande ? Non, parce que je ne vois pas bien comment je vais pouvoir danser avec mon ami tout le jour, si la nuit commence juste, à moins d’être au pays du soleil de minuit. Parce que si ma Princesse espère danser toute la nuit plus faire un after jusqu’à midi, à 4 ans et demi, autant vous dire que ça va pas être possible.

Désolée. Mais il fallait que je le dise.
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3 commentaires:

  1. j'arrive pas à me souvenir de la suite de tchoupi et doudou...suis-je sauvée?!(ah non, j'entends le poussin piou qui résonne au fond de ma tête...)

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  2. Haha extra ton article! Je me suis régalée surtout à la fin quand t'es partie en cacahuète sur les tambours qui sonnent! Bon, d'accord, j'avoue j'ai lu ce passage deux fois parce que j'avais peur de pas tout avoir compris (ma fausse blondeur m'aurait-elle joué encore des tours) et pour être sûre de ne rater aucune subtilité :D
    Bref, j'en ris encore et m'en vais chanter rené la Taupe à mes vraies taupes dans le jardin... qui sait, ça va pitêtre les faire déguerpir!!

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  3. Si j'ai réussi à mettre une chanson pourrie dans la tête d'au moins deux lectrices, j'aurais pas perdu ma journée :-)

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